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La vérité sur l'affaire des 2°C




















J9 : La vérité sur l'affaire des 2°C

[Die deutsche Version ist bald da]

On ne sait pas pour vous, mais nous, jusqu’à la COP21, nous avions toujours cru que l’objectif de limiter les changements climatiques à 2°C était fixé, approuvé, gravé dans la roche (yo !). On nous avançait l’argument que c’était la limite déterminée par la science, en dessous de laquelle on devrait plus ou moins pouvoir gérer les conséquences sur nos systèmes naturels et humains. On ne remettait pas cela en question : +2°C, ça ne va déjà pas être facile.


1.5°C or 2°C, this is the question

Mais voilà, en fait cette limite là avait été mentionnée à Copenhague en 2009, plus ou moins acceptée par certains pays mais un grand nombre de pays ont continué à militer au files des années pour que le réchauffement soit limité à 1.5°C. Un réchauffement plus important condamnerait la majorité des Etats insulaires, fragiliserait une grande partie de nos systèmes alimentaires, mettrait à mal les moyens de subsidences de millions de personnes et les mettrait sur la route de l’exil. Cela ne veut pas dire qu’il n’y aurait aucune conséquence si nous limitons à +1.5°C, bien sûr. Nous avons aujourd’hui atteint un réchauffement de +1°C et nous voyons déjà la multiplication des catastrophes naturelles, des sécheresses et inondations. Mais 1.5°C permettrait aux Îles de ne pas couler complétement, et à nos systèmes d’être moins atteints que si nous visons l’objectif des 2 °C .

L’objectif de limitation du réchauffement est la raison d’être de l’Accord de Paris. Nous pensions que cela ne créerait pas de débat, et que de manière presque uniforme tous se rangeraient derrière les 2°C (à notre grand damne). Cependant, dès le début de la COP21, certains pays, regroupés sous le Forum de la Vulnérabilité Climatique, un réseau regroupant des pays particulièrement vulnérables aux changements climatiques, ont affiché très clairement leur ligne rouge [une ligne rouge est un élément qui est non-négociable pour une délégation] : le réchauffement ne doit pas dépasser 1.5°C. Ces pays ont même signé et publié une déclaration, la Déclaration de Manila-Paris, dans laquelle non seulement ils s’engagent pour le combat des 1.5°C mais ils y exposent ce que le monde devra entreprendre pour respecter cet objectif : zéro émissions et 100% d’énergies renouvelables d’ici à 2050. C’est en effet la seule façon d’être certain de maintenir le réchauffement climatique en dessous de 1.5°C.

Si lundi 30 novembre, lorsque la COP21 a commencé, cette déclaration semblait faire peu de bruit, au fil des jours, de plus en plus de pays ont annoncé être en faveur d’une limitation du réchauffement global à 1.5°C. D’abord le Groupe Africain, puis la France, l’Allemagne et finalement les USA ( !!). Lorsque nous avions rencontré la délégation suisse au début de la COP21, celle-ci nous avait dit que le 1.5°C n’avait que peu de chance et qu’il fallait savoir faire des compromis (oui on leur a dit que faire des compromis avec la vie des gens ce n’est pas très gentil). Cependant, fait est que depuis 4 jours, le nombre de pays qui annoncent qu’ils soutiennent l’objectif des 1.5°C est en croissance exponentielle. Est-ce qu’un compromis va se dégager ? La prochaine version du texte sera publiée d’ici quelques minutes… fingers crossed.


Une fausse vraie bonne idée

A priori, vouloir maintenir le réchauffement à « seulement » 1.5°C au lieu de 2°C est très positif. Seulement voilà, dans ce genre de négociations, rien n’est jamais gratuit et nous nous demandons ce que les pays les plus vulnérables ont bien pu offrir aux grandes puissances comme les USA ou l’EU pour avoir leur soutien. Un système de perte et dommage très affaibli et ne contenant aucune mention de compensation ou de responsabilité légale ? Un système de financement lui aussi amoindri ? Comme toujours, ce genre de négociations se passe à huit clos et nous n’avons droit qu’aux conférences de presse. C’est durant l’une d’elles que nous avons appris la formation d’une nouvelle coalition, appelée coalition de l’ambition. Cette dernière, composée de l’Union européenne, les Etats-Unis, le Mexique, la Norvège et plusieurs pays d’Afrique, du Pacifique et des Caraïbes, a comme objectif de maintenir le réchauffement en dessous de 1.5°C mais également de mettre en place un mécanisme de révision ambitieux. Par contre rien sur les moyens pour arriver à respecter ce fameux 1.5°C et encore moins sur le financement nécessaire à sa mise en place.

Là réside toute la question, c’est bien joli d’annoncer qu’on va limiter le réchauffement en dessous de 1.5°C mais il serait d’autant plus important de déterminer la feuille de route qui va nous permettre d’y arriver. Et alors là, il n’y a plus personne ! Nous avons urgemment besoin de parler de décarbonisation, d’arrêt de subventions des énergies fossiles, de prix du carbone et de 100% d’énergies renouvelables. Ainsi nous pourrions envoyer un signal fort aux businesses et au monde hors-COP21 : l’ère des énergies fossiles est terminée, la transition est là ! Cependant, ces termes ne font, soit pas parti de l’accord, soit sont encore hautement contestés. Comment imaginer qu’on va pouvoir respecter cet objectif de température si nous n’inscrivons pas dans l’Accord comment, tous ensemble, nous allons y parvenir ?





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© 2019 Swiss Youth for Climate. Background Matterhorn Photo by: Patricia Cottier ©

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