• Swiss Youth for Climate

Inside, really?

J12 : Si près, si loin…

[Die deutsche Version ist bald da]


La société civile est très présente sur le site de la COP21. Au total, 8338 "observateurs de la société civile" (principalement des ONG) ont été accrédités pour la zone bleue, dont nous. C'est moins que les délégations officielles (19'385) mais plus que les médias (2825). La zone verte, elle, est entièrement dédiée à la société civile (pour comprendre comment le site du Bourget a été aménagé, rendez-vous sur notre précédent post).



A l’intérieur de la zone bleue, un hall entier a été dédié aux "observers". Au menu : une multitude de stands, comparables à ceux qu’on trouve dans la zone verte, et une dizaine de salles de conférence. C’est d’ailleurs dans l’une d’elle que se tient chaque matin, à 8h, la réunion de YOUNGO. On y rencontre un tas de gens très intéressants, mais pas beaucoup de badges roses des négociateurs.

Si eux ne viennent pas chez nous, allons donc chez eux ! Notre badge jaune nous donne aussi accès à certaines séances de négociations qui sont fermées à la presse. Les fameuses séances "Parties & observers only". En fait, elles sont surtout fameuses par leur rareté... Soyons clairs : les seules séances de négociations ouvertes à la société civile sont celles sans enjeu. Ni importantes, ni très intéressantes... D’ailleurs, à l’approche de la fin de la COP, les négociations se font de plus en plus décisives et on y a de moins en moins accès. Même si on arrive parfois à se faufiler, depuis mercredi soir et l’ouverture de l’indaba des solutions facilitée par Laurent Fabius, c’est silence radio. Toutes les séances se font à huis clos (les écrans indiquent "Closed", comme sur l'image ci-dessous) et la société civile n’est plus franchement la bienvenue dans le bâtiment des salles de négociations.


Les séances de négociations sont presque toutes fermées à la société civile ("Closed"). La séance plénière, qui n'est pas une séance de négociation, est la seule qui est encore ouverte aux "observers". Aussi, "Observer States" n'est pas la même chose que "Observers", et nous n'avons donc pas pu entrer dans la séance ci-dessus.



Alors qu’est-ce que la société civile peut faire d’autre ? Des conférences de presse ? Avec YOUNGO, nous en avons déjà donné une le lundi 1er décembre, une le vendredi 5 décembre et une troisième est prévue pour aujourd’hui. Si elles permettent surtout aux ONG de faire entendre leur voix dans les médias, pas sûr que le message arrive jusqu’aux oreilles des négociateurs.

Pour cela, peut-être vaut-il mieux organiser des manifestations ? Hier, une manifestation a rassemblé des centaines de membres de la société civile au cœur de la zone bleue. Bannières et chants se sont imposés aux yeux et aux oreilles des négociateurs qui se trouvaient à proximité. Les bannières ont ensuite été accrochées à la mini tour Eiffel, dans l’allée principale (voir image de tête). Ce matin, les négociateurs qui passaient à côté les ont forcément vues, comme ils ont forcément vu les petites actions des ONG organisées régulièrement dans l’allée principale. Mais c’est ça le problème: ils passent à côté et ne donnent pas franchement l’impression d’en avoir grand chose à cirer, même si certains esquissent un sourire poli. Un peu comme quand vous allez au boulot le matin et que vous passez à côté des mecs de Greenpeace qui veulent à tout prix vous faire signer une pétition.

Il reste les rencontres avec les délégations. Certaines d’entre elles, pas toutes, rencontrent les observateurs de leurs pays respectifs pendant la COP. La délégation suisse a organisé cinq rencontres avec la société civile suisse (dont nous faisons partie). C’est l’occasion de parler directement aux négociateurs, de leur poser des questions et de leur exposer notre point de vue. Lundi, nous avons même eu la chance de nous adresser à la conseillère fédérale Doris Leuthard, cheffe de l’OFEV* et arrivée le matin même avec les ministres des autres pays. Lors de ces rencontres, la délégation suisse écoutait ce que l’on avait à dire, répondait aux questions dans la mesure du possible et défendait ses positions. Cette transparence est très apréciée, surtout que d’autres pays ne rencontrent jamais la société civile. Mais encore une fois, le degré d’influence que l’on peut avoir, s’il existe, est très limité. Les délégations arrivent avec un mandat déjà établi et l’avis de quelques personnes ayant fait le déplacement à Paris ne pèse pas bien lourd, quand bien même elles parlent au nom d’une ONG.



Rencontre avec Doris Leuthard et le reste de la délégation suisse, lundi 7 décembre.


Au final, il est difficile de savoir à quel point les négociations sont (ou ne sont pas) influencées par la société civile présente à la COP21. Mais en tant qu’observateurs, on a cette impression frustrante d’être au plus près des négociations sans jamais pouvoir vraiment y jouer un rôle. On croise tous les jours des milliers de négociateurs, sans pour autant faire partie du même monde. Comme si eux étaient dans une bulle, parfois déconnectée de la réalité...


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© 2019 Swiss Youth for Climate. Background Matterhorn Photo by: Patricia Cottier ©

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