• Swiss Youth for Climate

Don't lobby my COP


[Deutsche Version unten]


La COP22, maison hantée par les lobbyistes


Au pays des badges jaunes

À la COP22, tout est une histoire de couleurs. Les personnes accréditées accèdent à la zone bleue, là où se passe les choses concrètes (négociations, séances plénières, conférences de presse, etc…), tandis que les autres se retrouvent à la zone verte, juste à côté, qui ressemble plus à une exposition géante sur le thème de l’action pour le climat (on pourrait discuter longtemps du manque de communication entre ces deux zones, mais ce n’est pas le sujet de cet article). Les personnes accréditées sont elles-mêmes différenciées par la couleur de leur badge: rose pour celles qui font partie de la délégation officielle d’un pays (d'un "Party" dans le jargon), jaune pour les observateurs de la société civile (dont nous faisons partie) et vert pour les médias.

Cette séparation a des aspects pratiques. Par exemple, ça permet aux membres de la sécurité de facilement reconnaître ceux à qui ils doivent bloquer l’accès lors de séances de négociations fermées à la société civile (on parle d’expérience).

Quant à nous, ça nous permet de savoir à qui l’on a affaire. Typiquement, lorsqu’on croise un badge rose, une petite voix intérieure nous siffle à l’oreille: «C’est un négociateur, il/elle devrait faire plus pour mettre en œuvre l’Accord de Paris, qu’est-ce qu’il/elle attend ?» Et quand on voit un badge jaune, cette même petite voix, plus douce, nous murmure «C’est un/une collègue, quelqu’un de bien qui se bat pour l’avenir de notre planète». Parfois, on l’avoue, l’envie nous prend même de leur faire un high five.

Sauf qu’en réalité, la communauté des badges jaunes n’est pas uniquement peuplée de gentils défenseurs de l’environnement. De nombreux lobbyistes de l’industrie des énergies fossiles sont également présents sur place en tant qu’observateurs ! [1] Et oui, ceux-là même dont le business se trouve à la source des problèmes climatiques et est sérieusement menacé par les négociations (rappelons que pour atteindre les objectifs de l’Accord de Paris, nous devons renoncer aux énergies fossiles, principales émettrices de gaz à effet de serre), y assistent au même titre que des ONG pour la défense de l’environnement. Vous avez dit conflit d’intérêts ?


Le même badge, mais pas le même combat

Vous imaginez bien qu’ils ne sont pas là pour les mêmes raisons. Pendant que nous tentons tant bien que mal de nous faire entendre au travers de conférences de presse, de discours en séances plénières et de manifestations, eux travaillent dans l’ombre. Au cours des deux semaines qu’a duré la COP22, nous ne les avons jamais vus, ou du moins jamais reconnus. Bénéficiant de moyens que n’ont pas les ONG de défense de l’environnement, ils usent de leurs réseaux et de leur savoir-faire pour défendre les intérêts des énergies fossiles et donc freiner les négociations, le plus souvent lors de discussions informelles avec les délégués nationaux. «Ils ne boxent pas dans la même catégorie», estime Andrew Rowell de Oil Change International, une ONG [2].

C’est que, contrairement à une bonne partie d’entre nous, eux sont des professionnels. Défendre les intérêts de leur industrie est leur métier. Bien sûr, la COP22 et les négociations sur le climat ne sont pas le seul endroit où sévissent les lobbyistes. À Bruxelles, ils sont plus de 20'000 à travailler pour différentes industries afin d’influencer les décisions de la Commission, du Conseil et du Parlement Européens. Certains sont mêmes d’anciens diplomates ou eurodéputés, qui peuvent alors faire fructifier leur réseau de contacts et leur connaissance des dossiers.

On peut débattre longtemps de la légitimité de leur travail. Mais dans le contexte particulier des négociations climatiques, dont le but universellement admis est de limiter le réchauffement de la planète en réduisant les émissions de gaz à effet de serre, la présence de lobbyistes de l’industrie des énergies fossiles fait clairement tache. Benjamin Sporton, patron de l’Institut Mondial du Charbon (World Coal Association), justifie sa présence à la COP22 en estimant que «le charbon doit faire partie de la solution» [3]. Ou quand l’hôpital se fout de la charité…


Quand le tabac fait la leçon au climat

La demande a pourtant été faite d’exclure les représentants de l’indutrie des énergies fossiles des COPs. Mais les pays industrialisés, Etats-Unis, Union Européenne et Australie en tête, ont refusé. Le gouvernement australien a notamment prétendu vouloir garantir «l’ouverture, l’inclusivité et la transparence» des négociations. «Il n’y a pas de compréhension claire de ce qu’est un conflit d’intérêts, qui signifie différentes choses pour différentes personnes» [4]. Ben voyons…

Il ne faut pourtant pas chercher bien loin pour trouver un autre exemple de conflit d’intérêts. L’ONU organise également une conférence annuelle sur le tabac, où il est question des moyens à mettre en œuvre pour prévenir les risques et les problèmes de santé liés au tabagisme. Eh bien figurez-vous que les cigarettiers (Marlboro et compagnie) n’ont pas le droit d’y participer. Pas besoin d'être sorcier pour comprendre pourquoi: les cigarettiers auraient tout intérêt à ce que les normes internationales qui découlent des ces conférences soient aussi laxistes que possible, afin de continuer à brasser des milliards au détriment de la santé publique. Il y a conflit d’intérêts, et donc exclusion. CQFD.

À quand une exclusion des producteurs d’énergies fossiles des COPs ? Les négociations climatiques gagneraient en crédibilité. Et nous, on pourrait distribuer les high five aux autres badges jaunes l’esprit tranquille.


En attendant, que peut-on faire ?

Le changement passe par l’information. Avant toute chose, il est donc important de savoir et faire savoir que des représentants de l’industrie des énergies fossiles sont présents lors des COPs pour défendre leurs intérêts. Même nous autres participants ne le savions pas, tant ils travaillent dans l’ombre. En partageant cet article et ceux qui sont cités dans les sources, vous aidez à sensibiliser les gens à cette problématique.

L’étape suivante consiste à se faire entendre. Il existe différentes plateformes pour cela, comme par exemple le Lobby des Citoyens pour le Climat, qui a pour but de regrouper les citoyens afin de leur donner un poids auprès de leurs politiciens.

Sources :

[1] Corporate Accountability International (2016). Uncovered: Fossil fuel industry has back-door access to U.N. climate talks.

[2] Les Verts au Parlement Européen & PUSH Sveridge (14.11.2016). Lobbying for our Future? – The Fossil Fuel Industry and NGOs at COP. Presentation, Marrakech, COP22.

[3] Readfearn, G. (2016). What’s it like to represent the coal industry at the Marrakech climate summit?. The Guardian.

[4] Slezak, M. (2016). Marrakech climate talks: giving the fossil fuel lobby a seat at the table. The Guardian.

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Übersetzung: Sandro Benz

COP22, ein Tollhaus für Lobbyisten

Im Lande der gelben Badges

Spricht man von der COP22, muss man zwangsläufig auch über verschiedene Farben sprechen, denn die sind praktisch allgegenwärtig. Während die «grüne Zone» mehrheitlich einer grossen Ausstellung über Themen bezüglich Klimawandel gleichkommt und grundsätzlich für alle zugänglich ist, befindet sich direkt nebenan die Blaue Zone, dort wo sich an der COP die konkreten und wichtigen Dinge abhandeln (wie z.B. die eigentlichen Verhandlungen, Plenarsitzungen, Pressekonferenzen, etc.) und wo der Zugang nur Personen mit Akkreditierung vorbehalten ist. Man könnte jetzt lange darüber diskutieren, dass der Austausch und die Kommunikation zwischen den beiden Zonen eher schlecht als recht funktioniert, aber das ist nicht das eigentliche Thema dieses Artikels. Denn die Farben, die letztendlich wirklich von Bedeutung sind, sind diejenigen der Badges: rosa Badges werden von den Personen der offiziellen Delegation der jeweiligen Länder (im UN-Jargon «Parties») getragen, gelbe Badges kennzeichnen Personen mit Beobachterstatus von Zivilorganisationen (wie wir von SYFC) und grüne Badges sind für Medienschaffende.

Diese farbliche Unterscheidung bringt durchaus praktische Aspekte mit sich. So erleichtern diese verschiedenen Farbkategorien beispielsweise dem Sicherheitspersonal, wem Einlass zu gewissen Verhandlungen gewährt wird – und wem nicht. Wir sprechen hier aus Erfahrung, denn gewisse (meist wichtige und kontroverse) Verhandlungen werden leider unter Ausschluss der Öffentlichkeit (und somit auch der Zivilorganisationen und Medien) durchgeführt und sind nur offiziellen Vertreter der Länder vorenthalten. Was uns betrifft, so erlaubt diese farbliche Unterscheidung natürlich auch, dass wir wissen mit wem wir es zu tun haben. Normalerweise, wenn wir einer Person mit rosa Badge über den Weg laufen, flüstert die innere Stimme: «das ist eine offizielle Delegierte oder ein offizieller Delegierter, sie/er sollte doch gefälligst mehr tun um das Paris Abkommen rasch umzusetzen, was wartet sie/er noch?». Und wenn man einen gelben Badge sieht, murmelt die innere Stimme (nur diesmal ein wenig weicher): «das ist eine gleichgesinnte Person, jemand der sich auch für die Zukunft unseres Planeten einsetzt». Manchmal verspürt man sogar den Wunsch, diesen Verbündeten ein kurzes High-five zu geben.

So weit so gut, nur in der Realität ist es leider etwas komplizierter was die gelben Badges betrifft, denn längst nicht alle dieser Personen sind auch nette Klimaschützer. An der COP sind auch zahlreiche Lobbyisten und Vertreter der fossilen Industrie zugegen, die ebenfalls Beobachterstatus haben und somit einen gelben Badge tragen! [1] Und ja, das sind genau diejenigen, deren Geschäfte die Hauptursache des Klimaproblems darstellen und dadurch die Verhandlungen an der COP22 in ihrem Sinne beeinflussen und gefährden, aber unter dem selben Status des «gelben Badges» ihre Interessen vertreten – genau wie die NGOs, die sich für den Klimaschutz einsetzen. Zur Erinnerung: um die Ziele des Pariser Klimaabkommens zu erreichen, müssen wir bis 2050 gänzlich von fossilen Brennstoffe wegkommen, denn diese sind die grössten Quellen der schädlichen Treibhausgase. Besteht hier etwa ein Interessenskonflikt?


Den selben Badge, aber ein ungleicher Kampf

Man kann sich ja wohl relativ gut vorstellen, dass diese Leute nicht aus den selben Gründen vor Ort sind wie wir. Während wir mit allen möglichen (aber leider begrenzten) Mitteln versuchen, uns durch Pressekonferenzen, Interventionen in Plenarsitzungen und an Veranstaltungen sowie Kundgebungen gehör zu verschaffen, arbeiten diese Lobbyisten im gänzlich im Schatten und unter dem Deckmantel des gelben Badges. Im Verlaufe der zwei Wochen der COP22 habe wir sie nie gesehen – oder zumindest nie als solche wahrgenommen. Zudem profitieren sie von finanziellen Mitteln und politischem Einfluss, von dem die Klimaschutz NGOs nur träumen können. So nutzen sie ihre breiten Netzwerke und ihr Know-how, um die Interessen der fossilen Industrie um jeden Preis zu verteidigen und somit die Verhandlungen entscheidend zu verlangsamen und behindern – oft durch informelle Gespräche mit den offiziellen Delegierten einiger Länder (oder teilweise sogar auch als «offizielle» Vertreter einer Länderdelegation). Oder wie es Andrew Rowell von der NGO Oil Change International [2] sehr treffend ausdrückt: «sie kämpfen ganz klar in einer anderen Gewichtsklasse».

Im Gegensatz zu vielen Vertretern von uns Klimaschützern, haben wir es hier mit professionellen Lobbyisten zu tun, welche ihre Interessen und ihre Geschäfte geschickt zu verteidigen wissen. Natürlich sind die COP22 und Klimaverhandlungen bei weitem nicht die einzigen Schauplätze, wo sie aktiv sind. Beispielsweise in Brüssel gibt es über 20'000 gut bezahlte professionelle Lobbyisten von verschiedenen Branchen, welche die Entscheidungen der Europäischen Kommission, des Europäischen Rats, sowie des Europäischen Parlaments direkt zu beeinflussen versuchen. Einige von ihnen sind sogar ehemalige Diplomaten oder Mitglieder des Europäischen Institutionen, die ihr breites Netzwerk an Kontakten und ihre detaillierten Kenntnisse der jeweiligen Dossiers gekonnt auszuspielen wissen.

Im konkreten Kontext der Klimaverhandlungen ist Anwesenheit dieser professionellen Lobbyisten in der Tat nur sehr schwer nachzuvollziehen und mit Recht kann man deren Legitimität anzweifeln, geht es doch im konkreten Kontext der COPs darum, die globale Erwärmung auf das im Paris Abkommen beschossene Ziel von deutlich unter 2°C resp. 1.5°C zu begrenzen, indem die Treibhausgasemissionen in den nächsten Jahren signifikant reduziert werden. Benjamin Sporton, Vertreter und Lobbyist der globalen Kohleindustrie (World Coal Association), begründet seine Anwesenheit an der COP22 damit, dass «die Kohle ein Teil der Lösung sein muss» [3]. Das ist etwa so wie wenn der Fuchs über den Hühnerstall zu wachen hat...


Wenn Tabak dem Klima eine Lektion erteilt

Es ist bei weitem nicht so, dass dieses Problem gänzlich unerkannt ist, denn gibt bereits erste Forderungen, dass die Vertreter der fossilen Industrie aus den Klimaverhandlungen bei COPs ausgeschlossen werden sollen. Diese ist jedoch bisher vor allem am Widerstand der grossen Industrienationen wie den USA, der EU oder Australien gescheitert ist. Ironischerweise ist es gerade die Regierung von Australien, die dieses Anliegen unter dem Gesichtspunkt der «Offenheit, Inklusivität, der Transparenz» ablehnt und unter anderem auch so begründet: «Es gibt keine eindeutige Definition, was genau einen Interessenskonflikt darstellt und es die einen bedeutet es andere Dinge als für andere» [4]. Wirklich? Come on Australia...!

Man braucht jedoch nicht lange zu suchen, um ein anderes Beispiel für einen solchen Interessenskonflikt zu finden. Die Vereinigten Nationen organsiert ebenfalls jährliche eine Konferenz über die Folgen des Tabakkonsums, wo über Mittel zur Prävention der mit dem Rauchen verbundenen Risiken und gesundheitlichen Problemen diskutiert wird. Und voilà, hier wurde der den Tabakunternehmen (Marlboro und Co.) das Recht auf die Teilnahme verwehrt. Die Gründe dafür so einleuchtend wie offensichtlich: Die Tabakmultis würden direkt davon profitieren, wenn die internationalen Normen, welche an diesen Konferenzen beschlossen werden, möglichst lasch ausgelegt werden und die durch den Tabakkonsum verursachten Gesundheitskosten in Milliardenhöhe auf die Allgemeinheit abgewälzt werden. Wie nur unschwer zu erkennen ist, handelt es sich hier ganz klar um einen Interessenskonflikt und daher sind die Tabakkonzerne von diesen Konferenzen offensichtlich ausgeschlossen. Was zu beweisen war: Es geht also doch!

Und wann werden also endlich die Unternehmen der Kohle-, Öl- und Gasindustrie von den COPs ausgeschlossen? Die Klimaverhandlungen würden dadurch nicht nur an Glaubwürdigkeit gewinnen, sondern wir könnten fortan auch ohne schlechtes Gewissen zum High-five mit anderen Vertretern mit gelben Badges abklatschen.


Was können wir in der Zwischenzeit tun?

Veränderungen erfordern Aufklärung und ein Bewusstsein, dass überhaupt ein Problem besteht. Daher ist es imminent wichtig, dass möglichst alle darüber Bescheid wissen und gut darüber informiert sind, dass die Vertreter der fossilen Industrie an den Klimaverhandlungen direkt vor Ort sind und dort einzig und alleine ihre Interessen und Geschäfte verteidigen, was Zwangsläufig nicht mit den Zielen des Pariser Abkommen zu vereinbaren ist. Auch wir als COP-Teilnehmer wissen oft nicht, dass sie unter dem Deckmantel der gelben Badges der Zivilorganisationen arbeiten. Durch das Teilen und Weiterleiten dieses Blogs, sowie der erwähnten Artikel in der Quellenangabe, kann jeder von uns einen aktiven Beitrag dazu leisten, das Bewusstsein für dieses extrem wichtige Thema zu erhöhen.

Als nächsten Schritt ist es unumgänglich, sich Gehör zu verschaffen. Es gibt verschiedene bereits existierende Plattformen, wie z.B. die Bürger-Lobby für das Klima, die sich aktiv um dieses Problem kümmern und sich dafür einsetzen, dass dieses zentrale Anliegen bezüglich Interessenskonflikten auch bei den Politikern weit oben auf der Agenda stehen.

Quellen :

[1] Corporate Accountability International (2016). Uncovered: Fossil fuel industry has back-door access to U.N. climate talks.

[2] Die Grünen im Europäischen Parlament & PUSH Sveridge (14.11.2016). Lobbying for our Future? – The Fossil Fuel Industry and NGOs at COP. Presentation, Marrakech, COP22.

[3] Readfearn, G. (2016). What’s it like to represent the coal industry at the Marrakech climate summit?. The Guardian.

[4] Slezak, M. (2016). Marrakech climate talks: giving the fossil fuel lobby a seat at the table. The Guardian.

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© 2019 Swiss Youth for Climate. Background Matterhorn Photo by: Patricia Cottier ©

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