• Swiss Youth for Climate

Can you cope with COP ?

J3: Oeil pour oeil, COP pour COP ! (Partie 1)

[Die deutsche Verison ist bald da]


Maintenant que vous connaissez le programme des négociateurs et le nôtre, il est temps de se pencher un peu plus sur la COP21 et de comprendre quels en sont les enjeux. Réduire nos émissions de CO2 pour limiter les réchauffement climatique à 2 °C : c’est pourtant pas sorcier ! Alors pourquoi est-ce qu’on en fait tout un foin ? Pourquoi est-ce que les 196 pays doivent se retrouver pour deux semaines d’intenses négociations, alors que réduire nos émissions est dans l’intérêt de TOUS ? C’est que le problème est un petit peu plus complexe que ça. Les aspects sociaux, politiques et surtout économiques sont à prendre en ligne de compte. Ce sont des centaines de milliards de dollars qui sont en jeu. Explications en deux temps : aujourd’hui on vous explique la situtiation générale et demain on s’intéressera de plus près aux points particulièrement délicats de ces négociations.


Le déséquilibre Nord-Sud

Il y a d’abord une question de responsabilités. Si on en est là aujourd’hui, c’est surtout parce que les pays développés (principalement Europe, USA, Canada et Australie) ont énormément émis de GES depuis un siècle. D’où le principe de CBDR de l’UNFCCC : ce n’est éthiquement pas correct de faire payer les pays qui se développent maintenant en leur imposant des restrictions d’émissions et des mesures d’adaptation (sans compter les dégâts potentiels directement liés aux changements climatiques) à cause d’émissions passées dont ils ne sont pas responsables.

C’est notamment pour cela que le Protocole de Kyoto faisait la différence entre les pays de l’Annexe I (“Annex I countries”) et les autres (“non-Annex I countries”) : seuls les premiers devaient réduire leurs émissions. C’est aussi pour cela que le fonds d’aide aux pays en développement (qui doit atteindre 100 milliards de dollars par an d’ici 2020) a été créé. Ce fonds doit permettre aux pays en développement de supporter les coûts liés aux mesures de mitigation et d’adaptation.

Les pays développés doivent réduire en premier lieu leurs émissions de GES et assumer une partie des coûts des pays en développement. Sur le principe, tout le monde est plus ou moins d’accord. Mais tout l’enjeu consiste à savoir à quel point ils doivent le faire. Ce sont des centaines de milliards qui sont en jeu, et trouver un terrain d’entente passe par des négociations ardues.


Le double jeu de la Chine

La Chine a une position clé au sein des négociations. En 1997, elle ne faisait pas partie de l’Annexe I et n’était donc pas concernée par les réductions voulue par le Protocole de Kyoto. C’est qu’à l’époque, elle commençait à se développer et n’émettait pas depuis longtemps. Mais ça, c’était à l’époque… Aujourd’hui, la Chine est le plus gros émetteur de GES. Elle a tellement émis depuis les années 90, qu’elle est désormais le troisième plus gros émetteur historique, derrière les Etats-Unis et l’Union Européenne (voir le graphe ci-dessous). Elle fait donc clairement partie des responsables historiques des changements climatiques.


Oui mais… Une partie de ses émissions provient de la fabrication de produits qui sont exportés et consommés aux quatre coins du monde. Les pays développés ont largement profité d’importer des produits "Made in China" à moindre prix. Ils n’ont donc pas forcément intérêt à ce qu’on pénalise la Chine pour ses émissions (en lui faisant payer une plus grande partie du fond d’aide aux pays en développement ou en imposant une taxe carbone), car cela augmenterait les prix du "Made in China".

Le cas de la Chine est complexe. En terme d’émissions de GES, elle a largement rattrapé les autres pays développés. Mais en terme de développement, elle a encore du chemin à parcourir. Est-ce qu’elle doit être considérée au même niveau que les autres pays en développement ? Est-ce qu’au contraire elle doit être encore considérée comme un pays en développement ? Les autres pays développés penchent plutôt pour la première option, la Chine elle-même pour la seconde. La réponse se situe quelque part entre les deux. L’endroit oú l’on place le curseur déterminera le niveau d’effort qu’on pourra demander à la Chine et donc une bonne partie du succès de l’Accord de Paris.

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© 2019 Swiss Youth for Climate. Background Matterhorn Photo by: Patricia Cottier ©

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